Votre comptable répond à ses mails depuis son téléphone personnel. Votre collaborateur parti sur un chantier consulte les plans depuis sa tablette personnelle achetée sur un coup de tête. Cette pratique semble évidente pour la plupart des collaborateur-trice-s, mais est-ce une bonne idée ? C'est tout l'enjeu du BYOD (Bring Your Own Device) : une flexibilité bienvenue, mais qui déplace une partie du risque informatique hors du contrôle direct de l'entreprise.
BYOD est un acronyme désignant le fait d'autoriser (ou de tolérer) que vos collaborateurs utilisent leurs appareils personnels (smartphone, ordinateur portable, tablette, etc.) pour accéder aux outils et aux données de l'entreprise. Messagerie, logiciel de gestion, drive partagé, outils hébergés sur le cloud : tout devient accessible depuis n'importe quel appareil, à n'importe quelle heure.
Pour des métiers normés comme une fiduciaire, un cabinet médical ou un notaire, cette pratique est généralement impensable, car incompatible avec les normes draconiennes de confidentialité et de gestion des données. Pour d'autres entreprise en revanche, par exemple dans les métiers du bâtiment ou des métiers liés au conseil, la tentation peut être plus grande : pas besoin d'acheter du matériel supplémentaire, et les équipes gagnent en mobilité comme en disponibilité. Sur le papier, tout le monde y gagne.
Le problème n'est pas directement lié à l'usage d'un appareil personnel à des fins professionnelles, mais à sa configuration. Un ordinateur d'entreprise est généralement configuré, mis à jour et surveillé par votre prestataire informatique. Un appareil privé échappe le plus souvent à ce cadre : mises à jour repoussées, antivirus absent ou insuffisamment paramétré, connexion sans VPN à un Wi-Fi public dans le petit café à côté de chez soi, applications personnelles installées sans contrôle, ou encore tout autre pratique qui peuvent paraître convenables du fait de l'appartenance du périphérique à un particulier. Il arrive même de trouver des jeux vidéos mobiles sur ces périphériques, ce que l'on ne devrait normalement pas trouver dans un environnement professionnel.
Résultat : chaque appareil BYOD devient une porte d'entrée potentielle vers vos données professionnelles, sans que vous ayez la main dessus. Et en cas de perte, de vol ou de revente de l'appareil, difficile de savoir ce qu'il reste dessus (mails, documents clients, mots de passe enregistrés, etc.), comment ces données étaient protégées (chiffrement ou non du disque, verrouillage ou non de la session), où ce périphérique est désormais localisé... et encore moins de le supprimer à distance.
Évidemment, l'application d'une stratégie BYOD n'est pas noire ou blanche. Pour y voir plus clair, voici quelques avantages et inconvénients de cette stratégie.
Ce que le BYOD apporte :
Ce que le BYOD implique :
Même si les implications peuvent paraître fortes, il convient toujours pour l'organisation de définir les risques qu'elle souhaite accepter ou non. Par exemple, si des tablettes sont utilisées pour des visites de chantier afin de prendre des notes (sans y transporter de plans sensibles), alors l'utilisation de tablettes en BYOD peut être autorisée. Particulièrement si la connexion à Internet de celles-ci se fait au travers d'un téléphone portable ou d'un réseau WiFi isolé des systèmes sensibles de l'entreprise.
Il ne s'agit pas forcément d'interdire l'usage d'appareils personnels, mais de poser quelques garde-fous simples et proportionnés à votre taille, à votre activité et à votre tolérance vis-à-vis des risques :
Notre conseil : commencez par un état des lieux simple. Combien d'appareils personnels accèdent aujourd'hui à vos données professionnelles, pour quoi faire, et quelle est la sensibilité des informations accédées ? C'est souvent la première surprise, et le point de départ d'une politique BYOD réaliste et adaptée à vos besoins.
Le BYOD n'est ni un danger à bannir impérativement, ni une solution miracle sans contrepartie négative. Comme pour beaucoup de choses, c'est un compromis entre confort et maîtrise, qui se pilote en prenant en compte les usages actuels et futurs, ainsi que les risques liés à votre activité. En général, vous saurez aisément définir si votre métier est sensible ou non, mais nous pouvons vous aider à y voir plus clair sur les détails.
Vous vous demandez où en est votre entreprise sur ce sujet ? Parlons-en ensemble : nous nous tenons à disposition pour faire le point avec vous, sans jargon ni complexité inutile.
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